Excerpts


Le-Monde-Autre-poeme-Diane-Schuh

{A . Le Monde-autre}

« Elle ne comprend pas souvent notre monde c’est pourquoi elle fabrique le sien.
Elle ne connait pas la hiérarchie.
Elle se sait femme cependant même homme elle porterait des robes.
Elle est sensible, elle aime textures, rouilles, mousses et détails.
Elle aime le mystère et les sombres paysages, elle aime le Mythe.
Et par-dessus tout la musique, du vent aux vagues aux cordes.
Elle voyage beaucoup, soit le monde soit son esprit.
Elle est parfois timide et parle à travers son attirail.
Elle pense que nous sommes des animaux brisés inventant nos propres parures.
Elle veut dire au monde qu’elle en aime chacun de ses bouts.
Elle ressent l’urgence de partager ses contes.
Maintenant elle construira ses propres mots. »

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{Les portes de notre monde (pour Aoi)}

« Discussions sur nos familles respectives :
Elle est aussi envahissante que ses objets
À la table d’un autre continent nous prenons le thé
Il est temps de partir en forêt
L’effondrement de la société de consommation
Nous fait revenir aux pratiques ancestrales
Un arbre aux champignons-espalier dur comme du
marbre
L’habitat des Formicidae et des fougères en nappe
Comme mer les cris des grillons
Tu nous croyais perdues mais je me souviens du sud
Les maisons de la vallée, les quatre pierres, la table
Enlevée
Bouleaux à papier maudits étêtés
Le scarabée fossoyeur
Ton vieil ami a traversé les siècles
Et te suis partout à son rythme
Le chat tout aussi égyptien
Et le fantôme que tu crois voir
Ma boussole interne
Je te promets, la forêt de bouge pas
Mais les arbres se déguisent
Tu gardes leurs âmes
Imprimées sur papier végétal
Je te promets je connais la sortie
Et même si je souhaite y rester
Les branches-escalier
Les chevaux blancs, l’étalon noir
Coiffé de son masque de gaze
À la porte de ton monde
Le pré des sauvages sauvageonnes
Fleurs
Tu voulais caresser les abeilles
Effleure
Ombellifères et mystères…

Prise de fièvre dans le train
Tu notes ces lignes tandis
Que tu reviens à ce monde moderne
Que secrètement tu abhorres
Et tes bottes noires cirées ne portent aucune trace
De boue, ne portent aucune trace de ta forêt
Y es-tu seulement allé ? Son nom secret
Tu le connais, les souvenirs s’effacent
Mais pas son nom, son monde, son secret
Clandestine
Ce qui n’existe pas reste à inventer
Ce monde subsiste dans une autre réalité
Son nom rime avec nuit et merci
Et le train processionnaire a la vitesse du scarabée. »

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« Laisse le temps sculpter sa beauté »

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{Le beau est toujours bizarre}

« Elle ne s’intéresse pas aux choses jolies
Ni aux charmantes d’ailleurs
Elle demande bien plus de la beauté
Elle demande le sublime
Des esprits terribles
Des furies dévastatrices
D’un corps imparfait,
D’une disharmonie
Elle vit à l’intérieur du verbe des poètes
D’un autre siècle
Elle vit à l’intérieur de tes mots mon amour
Elle veut bien plus que la beauté
Elle est sur cette pente… »

 

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« 384 000 Km, Titre/variations musicales sur la distance de la terre à la lune pour harpe et voix, pour la couverture du recueil du même nom. »

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{Cœurs carnivores}

« Extatique devant les Sarracénies
Et dionées à la fenêtre tu attends
Que la nuit tombant en maladie
Abandonnée maintenant
À toi-même mais sereine tu sais
Qu’il reviendra les mains pleines.
Sans cœur noir et portant plein
Des robes que tu souhaitais porter en carnaval
Et semblables aux fantômes de l’âme à son seuil
Voiles blancs et vœux bien connus de deuils
Oh toi mon joli petit bruant vespéral !
Voudrais-tu vraiment les porter pareil
À l’ombre de ta personne nymphéale? »

 

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{Le rêve de la femme du pêcheur}

« Et même si je t’ai pardonné
Mon cœur garde les marques de ta cruauté
Et la mort abrupte se fait écho dans mon cœur
Brutes tentacules au point de l’Érèbe
Héméra éphémère ne se fera plus en voiles radieux.

Sept vies, sept dons, sept cœurs
Un seul je t’ai donné à ravir
En collines sommets à gravir,
Les pics se mettent à parler
Enfin ces chocs post-traumatiques évacués.

Je suis l’épouse du marin sous vents dominants
Mariée à la harpe, femmes des cordes gaéliques
Chevelure grandissante allongée quand distant
Les blouses peintes de mes mains mélancoliques
Ancolies des robes enterrées aux bords de l’océan
Runes encordées au cou te font protection
Infantiles symbolismes en symptômes
Dans la confidence de ton amie et ta foi
Maintenant tournée superstition.

Et bien que pardonné dans mon cœur
Reste cette colère, cette absurdité
L’abrupte mort habite mon foyer
Et brutes tentacules au point d’éternité
Hemera tes voiles absents
Eux aussi perdirent l’éphémère.

Le bois poncé des taches noires ensanglantées
Satins de tes robes vibrantes cordes en cordées
Par cette harmonie mon cœur stoppé
Chevelures enchevêtrées dans ces purs-boyaux
Os amarrés à l’instrument un doigt sur le La
Était-il encore accordé ?
Exacts et complexes mécanismes ces osselets
Frappés du destin semblable à la femme du marin.

Mais quand toi présent je garde en arrière ma place
Mes possibilités devant toi mon Hélios
Et tes jeux ta seule joie mon Eros
Quand de la terre tu entendis se former ses crevasses.

Ainsi que le violon en héritage, en cadeau
La musique n’existait plus de Do à Do
Pourtant thérapie pour ton cerveau et poignets
Les horizons bizarres des rebondissements ont leurs secrets

Et si avant quarante ans tu mourrais
Aurais-tu vraiment fait tout ce que tu voulais ?
Toi femme de marin sous vents dominants
Ton cœur et pensées errantes
Fleurs de mélancolie pour toi petite amante
Tu préfères Aquilegia pour Ancolie
Ta robe enterrée au bord de l’océan
Infantiles symbolismes en protection
Comme symptômes de ta confiance elle perdit
La foi tournée superstition.

Et maintenant :

Dessins sur les pierres de pentacles tentaculaires
Semblables au rêve de la femme du pêcheur
Fantaisies d’extases à la fin tu ne donnas
Ce sont ces mots sur ta tombe que l’on grava. »

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{Ω . Odes}

« Nous sommes tous rêves ou cauchemars pour chacun
Nous ne pouvons nous faire comprendre d’aucun
Une seule dispute et nous vieillissons de cent ans
Mais tant que la vie va et passent les ans
J’aurai toujours mots et poésies
Dans mes voyages ils m’appuient.

Et toutes les choses que tu connaissais
Ont perdu l’ancien goût
Qu’ils possédaient
C’est ainsi qu’il existe un monde différent
Pour chaque homme
Et la poésie contrairement à la philosophie
Te parle bien plus vivement
Et la poésie contrairement à la physique
Saisi mieux le monde qui existe

Tu penses que nous pourrions intervertir les mots
La signification en resterait inchangée
Cependant qu’il ordonna le sacrifice : tu as l’épée
Déjà préparée bien qu’ici (dans tes textes)
Dans ton joli paradis auto-bâtit (aux ailes pourtant
perdues)
Tu t’autorises à enfreindre les lois sans prétexte.

Et si dans la gamme mineure tu souhaitais seulement
trouver
Le moyen d’excaver l’ancien mode Dorien laissé en
place
Ils ont voyagé jusqu’à ta cité et rapporté la première
mélodie
L’envoûtante mélodie mélancolique de la première
harmonie
Tu peux l’entendre à la lyre, elle a franchi le temps (pas
l’espace).
Et maintenant seulement 1 BWV1001 parle à ton
esprit
Oh tes choix personnels !
Et quant à toi petite folklorique, je suis désolée mais ta
musique
Ne parle pas à mon âme, alors en esprit salé que tu
tourmentas
Malheureusement mon cerveau est inapte à cette
culture n’autorisant nulle gaucherie
Oh classique je t’apprends, j’essaie, de te comprendre
de t’apprendre, j’apprends ces théories
À saisir, oh improvise, s’il te plait improvise !

J’ai tout appris pour comprendre les sources de l’art
enfanté
Je veux pratiquer chaque métier, chaque habileté ça y
est le rendez-vous est daté!
Un petit point blanc dans mon cerveau qui orne mais
non sédaté
Me fait voir les couleurs-réalités lumineuses, avec
précision elles se sont manifestées
Particulièrement les tons délavés oubliés des fresques
maintenant albatées.

Oh les murs murmurent
Ils chantent leurs anciennes mélodies
Entends-tu les Chants hourrites
Une berceuse
Au berceau de l’Humanité
Père, il n’a jamais perdu la tête, par la foi il est habité !

Et tu te demandes ce que j’écris dans mon petit carnet
Après l’amour et maintenant rassasié
Amour dans la ville d’Ur, et amour pour Ugarit
Il y a toujours quelque part et à chaque époque une
table tournante
Oh ça tu le sais ! …
Et ils en oublièrent le sens de la vie,
Ils oublièrent d’être bons
Ils avancèrent voilés.

En relisant tes mots tu comprends que tu voulais être
aimé de la même façon
Et pourquoi imitons-nous ceux que nous avons perdus,
tu n’es pas sûre
Et pourquoi soudainement nos inclinations s’orientent
vers leurs passions
Penses-tu vraiment le faire revivre en marchant dans ses
pas
J’aurais aimé me tenir à nouveau ici: souvenir attentif
Au musée pendant que tu m’expliquais encore et
encore
Le sens de lecture des ancestrales écritures
Cunéiformes et hiéroglyphes.

Depuis le petit point blanc de ton cerveau tu expurges
tes idées,
Tête couronnée à travers la fontanelle ventilée
Comme la fréquence du Si
Oh mais tu le sais mon petit scribe !

La poésie se trouve dans l’infamilier
C’est pourquoi je transcris ces petits mots dans mon
carnet
ça c’est sûr tu as des goûts particuliers !
Tu le sais : j’aime tellement les anciennes fleurs
Les écrire pour les apprendre par coeur
Connaître leur petit nom latin par coeur
Mais tu sais bien que je ne suis pas la Mytilène poétesse
Mais j’aimerai bien, je le confesse
Malheureusement je ne parle pas grec ancien
Et à nouveau je repousse les limites de ma mémoire…

Crois-tu que je pourrais à nouveau le rencontrer, hors
de cet enfer
Crois-tu que ce que je sollicite dans mes prières
Est un moyen de le retrouver, à ma manière
Crois-tu que je le retrouverai dans sa soif perdue, hors
suaire
Cloîtré dans son bureau pendant que tu jouais au
jardin
Éden est perdu en moi il était le gardien
Et maintenant disparu tu veux le comprendre enfin.

Nous sommes tous rêves ou cauchemars pour chacun
Nous ne pouvons nous faire comprendre d’aucun
Une seule dispute et nous vieillissons de cent ans
Mais tant que la vie va et passent les ans
J’aurai toujours mots et poésies
Dans mes voyages ils m’appuient

Elle voyage à travers le temps pas l’espace
Elle réécrit les anciennes mélodies
Elle sait bien qu’elle ne peut pas les inventer
Elle fusionne les histoires ancestrales
Elle sait que la poésie est sa nouvelle réalité
Elle sait que ses idées sont les même mais nous
pourrions en changer le phrasé
Arrête d’écrire à propos de tout ce que tu ne connais
Et maintenant va
Et vis !
Tu me fais confiance, alors maintenant va et vis !
Tu entends ma voix, émissaire du temps
Ma main ordonnant des nuées là je me tiens
Entends ma voix, alors maintenant va et vis !
J’ai épargné sa vie mais pas lui
Alors va et maintenant
Vis !

(Maintenant seulement j’espère que depuis le fond des
océans tu entends mes chants et tremblements) »

(English version upon request)